Dans nos représentations et nos débats, les langues sont penséessous un angle social, sociétal, culturel, identitaire, ou simplement utilitaire,mais très rarement linguistique, à savoir : comme des constructions intellectuellesqui produisent du sens.Ce silence va de pair avec leur instrumentalisation dans des relations de pouvoir,de conflictualité, de hiérarchie, jusqu’au suprémacisme.De telles dérives sont bien présentes dans l’histoire de la France,où l’État a contribué à l’institution d’une langue nationale, mais aussi rencontréd’autres langues, parlées par ses ressortissants dans l’égalité citoyenne ou l’inégalitécoloniale, et mené, selon les langues et les époques, des politiques variablesmais le plus souvent défavorables, en particulier à l’école. La position dominante de lalangue française se double d’un idéal d’homogénéité, qui en délégitimetoute variation, et met ses locuteurs dans l’insécurité.Mais si l’on applique à la grammaire du français – et de toute langue –une analyse rationnelle et dépassionnée, on met à jour des solutions également plausiblesà des problèmes de signification, ouvrant un espace au plaisir intellectuel, à l’admiration del’ingéniosité individuelle et collective des êtres humains, et à l’apaisement– car, contrairement aux religions, les langues admettent plusieurs appartenances.
Michel Launey
La République et les langues
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Michel Launey est linguiste.Ses recherches ont d’abord porté sur la langue nahuatl au Mexique, puis il a travaillé en Guyane dans le cadre du Centre d’études des langues indigènesd’Amérique.
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ISBN : 979-10-97084-26-4
{{ config.book.release }} : 20 janvier 2023
912 {{ config.book.pages }} • 29 €
ISBN : 979-10-97084-26-4
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Michel Launey - La République et les langues